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Ma définition du bonheur.

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Ma définition du bonheur.

Entre enquêtes personnelles, recherches scientifiques, psychologiques et symboliques, on va bien réussir à le cerner !

Naissance du bonheur

Le bonheur… quel joli mot, quelle belle notion, quel merveilleux sentiment, autour duquel on tourne depuis notre conception. J’insiste sur le terme “tourner“, car c’est un instant que l’on cueille, que l’on attrape et que l’on peut perdre voire même jamais saisir.

Certains le fuient, d’autres le cherchent, l’apprivoisent, le mangent, le perdent ou encore l’observent et l’étudient. Bref à chacun son bonheur me direz-vous, et c’est vrai.

Lorsque nous sommes conçus, déjà plane sur nous cette conscience du bonheur : « Oh quel merveilleux cadeau, tu es enceinte, c’est un vrai bonheur ! ».

Par chance, oui, cet enfant est désiré, mais parfois ce n’est pas la même situation et l’embryon arrive dans un climat où le bonheur est bien loin de sa maison première, le ventre de sa mère.

Et cela s’accentue au fur et à mesure, que nous prenons notre premier souffle sur cette terre. La naissance : bonheur ou pas, la petite enfance : bonheur ou pas, l’enfance : bonheur ou pas, l’adolescence : bonheur ou pas, l’âge adulte : bonheur ou pas, la vieillesse : bonheur ou pas. Vous lisez bien dans mes répétitions voulues, que nous sommes dans une forme de quête du bonheur, avec l’épée de Damoclès sur nos têtes, car pas de bonheur, signifie malheur…ou en tout cas, la phrase magique souvent prononcée: “suis pas malheureux …”

Revenons un instant à sa définition première.

Le bonheur, dans le dictionnaire, c’est un état de pleine satisfaction, un état émotionnel agréable, équilibré et durable dans lequel se trouve quelqu’un qui estime être parvenu à la satisfaction des aspirations et désirs qu’il juge importants. Il y a production de sérotonine, ce qui est différent  de la dopamine qui est une sensation / plaisir passager. On trouve également l’idée de chance, avec le porte-bonheur, et des synonymes tels que béatitude, félicité, joie.

En résumé, le bonheur c’est un état d’allégresse qui dure, où l’on est conscient que l’on est bien, avec quand même un petit facteur chance ( à lire plus en détail dans un prochain article sur le BNB: Bonheur National Brut).

Le bonheur appartient bien à chacun, et c’est nous qui décidons ou non d’être dans cette condition.

D’où l’importance de partir de notre propre expérience pour lire sur le fil de notre vie nos moments de bonheur ! En a-t-on déjà vécu ? Est-ce arrivé souvent ? Quels effets sur notre corps, notre esprit, notre vie ? Avons-nous su le reconnaître ? Est-ce lié à des situations bien particulières, selon des facteurs bien précis ? Dépend-il de nous seul ou des autres ? A-t-il duré longtemps ? Est-ce que nous savons l’accueillir, le goûter et le garder ? Toutes  ces questions, à la fois anodines et complexes, ont leur raison d’être, et ce depuis des centaines d’années …

Si je pars de mon expérience de vie et que j’ose faire une analepse (oui, c’est pas toujours facile de faire un flashback, toujours aussi bilingue ^^), est-ce que j’arrive à cibler des moments où j’ai été heureuse ? Sincèrement … oui … ouf ! C’est important d’être honnête envers soi-même et de s’octroyer la réalité de nos petits bonheurs ! Car enfin, en France, dans cette société, on prône plus le côté : « rien ne va », « je suis fatigué(e) et triste », que « youloulou ! Vive la vie, j’ai un énorme salaire, ma vie est un rêve, je sors avec Ryan Gosling » (et pourquoi pas … ^^). Il est, à mon sens, primordial d’avoir conscience de nos moments difficiles, et il y en a (vous le savez), mais aussi d’essayer de voir nos bons moments.

Amoureusement parlant, comme vous avez pu le lire dans ma présentation, c’est pas l’extase, c’est même plutôt le chaos (mais ça va changer ! J’y crois, puisqu’on est là, ensemble, pour évoluer ! ^^), pourtant, il y a d’autres parties de ma vie qui sont aujourd’hui remplies de bonheur ! Mon  petit garçon de 21 mois est une source merveilleuse d’instants de joie (même si il est en mode cascadeur et que je suis H 24 sur le qui vive ! ^^). Mes parents qui sont attentifs et très aimants envers mon petit bonhomme et moi-même. Mes amis, même si ils sont peu, très peu nombreux (qualité avant tout ^^) sont des  êtres adorables, toujours présents, fiables et avec qui je ris énormément (oui vous avez compris que l’humour c’est primordial dans ma vie ! Moi-même étant très drôle ^^). Mon travail… aïe, non là c’est le bagne ! Non quand même, je dois être franche, mes élèves sont super et je les adore, c’est juste la Direction et l’anti-organisation, anti-pédagogique! A bien y regarder, ma vie affreusement nulle, regorge tout de même de moments récurrents de bonheur ! Et vous, si vous faisiez un rapide état des lieux ?

Allez, vous prenez cinq minutes, vous respirez doucement,  vous pouvez fermer les yeux, et évoquer… faites ce petit tour d’horizon de vos moments heureux. A la suite de cette première partie, je vous ai mis une map, que j’ai créée et appliquée, pour que vous puissiez faire un survol guidé du bonheur, et surtout de votre bonheur.

Une map pour définir notre bonheur.

Après ce constat personnel, j’aimerais me pencher avec vous, sur l’étude du bonheur.

Une science du bonheur

Depuis l’antiquité grecque, avec le développement de la pensée philosophique (philos = aimer en grec et sophia= sagesse, d’où cette envie d’aider les hommes à avoir une vie heureuse) à aujourd’hui, la quête du bonheur est toujours d’actualité.

J’adore cette phrase de Voltaire (XVIIIème siècle) extraite de ses Correspondances, où il écrit : « Nous cherchons tous le bonheur, mais sans savoir où, comme des ivrognes qui cherchent leur maison, sachant confusément que cela existe ». C’est tellement juste, tellement criant de vérité, et tellement d’actualité.

Au XXIème siècle, on continue encore à chercher, à expliquer et à aller toujours plus loin dans l’étude du bonheur. On oscille entre pensées philosophiques, et expériences biologiques, psychologiques. Le but ? Trouver le meilleur chemin pour l’atteindre, et même mettre des balises, panneaux d’indications pour être sûr d’y arriver ! Et pourtant ! Malgré la simplicité factice de la carte, le bonheur nous sème. Le savoir ne suffirait donc pas ! Il faudrait pouvoir le pratiquer, s’entraîner régulièrement. Mais comment si même les indications sont brouillées ?

La conscience du bonheur 

D’après le neuroscientifique  Antonio Damasio, de l’Université de Californie du Sud, le bonheur est un sentiment, venu de « l’expérience privée d’une émotion », comme l’équation : bien-être + conscience de ce bien être = bonheur. On remarque bien ici, que la clef réside dans l’élément déclencheur : la prise de conscience. Sans cette prise de conscience, on passe à côté de ce bonheur. Avouons-le, quand parfois on est dans une situation agréable, mais que notre esprit est pré-occupé ailleurs car des soucis, et bien on ferme la porte à celui-ci. Pour savourer ce bonheur, il faut savoir se rendre disponible. Camus l’écrit «Ce n’est plus d’être heureux que je souhaite maintenant, mais seulement d’être conscient ».

Notre existence peut nous amener du bien-être, (je le détaillerai dans un autre article à venir sur le BNB), avec l’exemple de la pyramide de Maslow qui liste nos besoins les plus primaires jusqu’aux plus “accomplissants”. Si nous commencions par prendre conscience des plus basiques : se nourrir, se chauffer, avoir un toit…ce sont déjà des chances de les avoir! Les scientifiques étayent cette idée qu’il est primordial d’apprécier ces petits états d’âme agréables, et que l’on doit s’entraîner au quotidien pour bien les cultiver et surtout les vivre. Le terme « en conscience » apparait de plus en plus dans les livres de développement personnel et de slow life, on nous pousse vers cette ouverture d’esprit, vers cette puissance qu’à notre cerveau à goûter le moment présent à travers tout notre être. Vous avez sûrement déjà entendu : « manger en conscience ; cuisiner en conscience ; marcher en conscience… ». C’est assez extraordinaire, de voir combien l’être humain a pu s’auto-saboter pendant des centaines d’années, pour aujourd’hui être obligé de faire des efforts pour bien vivre des moments du quotidien, simples et normaux. Je me souviens très bien de ma mamie qui une heure avant le repas, aller dans la forêt cueillir quelques cèpes pour faire l’omelette. Je revois son visage heureux de les cuisiner pour nous, et après de nous observer dans notre plaisir de dégustation… c’est si simple ! Pourquoi l’avoir oublié ? Vous me direz, il y a encore beaucoup de gens qui savent le faire, et beaucoup de gens qui y reviennent. Vous avez raison ! Super ! On est donc sur la bonne voie !…

De la conscience au sens 

Il reste toutefois encore un petit chemin à parcourir. L’accumulation consciente de nos bonheurs au quotidien,  c’est bien, mais leur donner du sens c’est mieux. Pour cela, il est important de lire le bonheur comme le résultat d’une vie pleine de sens. Aujourd’hui, on nous assaille dans tous les magazines (féminins, bien être, santé, psychologie) et réseaux sociaux, de questionnaires sur notre « bien être », « quel heureux êtes-vous ? », ou encore « notre potentiel à vivre le bonheur ». Les scientifiques évoquent deux types de bonheur : le bien être dit hédoniste (ressentis émotionnels agréables, recherche du plaisir, avec un côté égoïste), et le bien-être dit eudémonique (le bonheur est le but de la vie, c’est ce qui lui donne du sens).

Or, entre plaisir et principe du bonheur, ce n’est pas une opposition que nous devons voir, mais une complémentarité (un peu à la manière de Spinoza qui allie félicité et bonheur commun…). Après, je vous l’accorde le débat reste ouvert et somme toute passionnant, car entre Platon, Michel Onfray, Socrate, Aristote ou encore Robert Misrahi, nous avons de quoi philosopher et réfléchir. Et ça c’est cool, pour moi c’est que du bonheur ! En tout cas, il me semble qu’une partie du bonheur réside dans cette alliance de moments heureux et de leur intégration dans notre existence. Maintenant, pour être honnête, c’est facile en théorie, mais en pratique… à moins de s’appeler Mathieu Ricard (je suis fan !!), cela reste un sacré exercice de vie ! C’est d’ailleurs pour ça que nous sommes là ensemble, me direz-vous ! Soyons des persévérants intelligents, et ouvrons nos coeurs !

La santé du bonheur

« Les hommes veulent être heureux et le rester » Freud (extrait de Malaise dans la civilisation PUF, 1992). Bien sûr ! Car les émotions positives répétées génèrent dans le corps des phénomènes chimiques (tension et rythmes cardiaque diminuent, activité positive de notre cortex pré-fontal gauche) qui sont bons pour la santé ! Alors qu’une bonne santé n’est pas forcément synonyme de bien être (dédicace aux hypocondriaques ^^). Le bonheur nous motive, et est nécessaire à notre survie. La neuroscience, la génétique et même l’économie tentent de décrypter ce bonheur. Certains pour améliorer notre état et d’autres pour manipuler notre esprit. Je parle de la publicité, qui tend à créer des besoins, et nous faire souffrir des comparaisons, comme l’évoque Richard Layard en dénonçant ses illusions sociales. Retour à la pyramide de Maslow tant utilisée par les services marketing, pour générer des besoins en nous!

« Je possède donc je suis »… cette quête du besoin combleur de bonheur, peut devenir anxiogène ou décevante, l’obsession du bonheur éloigne du bonheur. A nous d’être dans un équilibre. Et n’oublions pas que le bonheur ne saurait être standard. Il dépend de nos propres critères : un individu, un type de bonheur. Nous sommes uniques !

Génétiquement heureux

De plus, le psychologue américain Marcial Losada explique que le rapport caractérisant la santé mentale est d’environ trois émotions positives pour une émotion négative. J’avoue ce ratio me rassure, car être tout le temps en mode « motivation plus plus »… cela peut être compliqué. Il est logique d’avoir des moments d’obscurité, sinon trop de positive attitude et on est des euphoriques excités !!^^ Cela peut être lourd pour l’entourage, tout comme lorsqu’on bascule dans le stress, l’anxiété ou la dépression. Il est primordial de trouver un juste milieu, un équilibre entre ces deux états, il y aura toujours dans la vie « un temps pour gémir et un temps pour danser »  (L’Ecclésiaste). On danse?!^^

Outre notre histoire personnelle, des prédispositions génétiques semblent programmer notre aptitude au bonheur dès notre naissance (d’après David Lykken, généticien et comportementalisme américain, 1928-2006).

Comme nous sommes uniques, des inégalités (ou différences au choix) peuvent entacher ou retarder notre accès au bonheur : la beauté, la santé, l’intelligence. Mais, face à ces inégalités, des efforts réguliers permettent de réduire les écarts. La beauté est en partie génétique mais pas le charme, la santé peut être compensée par une bonne hygiène de vie, l’intelligence se travaille pour progresser.

Il en va de même pour l’hérédité du bonheur, des analyses scientifiques montrent qu’environ 50% des aptitudes à se sentir heureux dépendent des gènes et du passé de l’individu, 10% de l’environnement matériel où il évolue (régime du pays, climat, paysage…), et 40% des efforts réguliers. Génial, il y a donc de l’espoir! Et d’une certaine façon, même si je respecte énormément les chercheurs et les experts scientifiques, on le sait tout cela!

On est quand même bien conscient, qu’on adore se pourrir la vie et que tout cela est né de nos croyances véhiculées maintenant depuis bien longtemps par nos ancêtres, tellement fort qu’au delà de s’ancrer juste dans nos têtes, on les a ancrées dans nos gènes ! L’homme est quand même doté d’une mega puissance créatrice! Si cela va dans un sens, ayons du bon sens…et dirigeons nous, intuitivement et consciemment vers le BONheur! Nous en sommes capables, c’est une certitude, après il suffit juste de le vouloir et de sauter le pas. 

Je finirais sur cet extrait de Christophe André, que j’adore:

« Le bonheur, ce n’est pas regretter ou espérer, mais savourer. Comme le soulignait Goethe, dans Faust: « Alors l’esprit ne regarde ni en avant ni en arrière. Le présent seul est notre bonheur » ».

Petite bibliographie / sitographie

Christophe André, Vivre heureux, psychologie du bonheur, Odile Jacob, 2001. https://amzn.to/2o4JrZF

Antonio Damasio, Le sentiment même de soi. Corps, émotions et conscience, Odile Jacob, 1999. https://amzn.to/2mCzYs6

Magazine, L’Essentiel, Cerveau et Psycho, Le Bonheur, Mai-Juillet 2013.

Psychologies.com.

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