Le Labo de Lettres

Le bonheur d’être maman, ou pas…

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Ou comment sauter dans le vide abyssal du monde de la maternité ?

Introduction

Cela fait un moment que j’ai envie de partager l’expérience de devenir maman.

Après beaucoup d’hésitations, car c’est un moment intime, et un sujet parfois encore tabou, je me décide à vous écrire, avec toute ma sincérité, et ma pudeur, ce moment magique où tu bascules dans un autre monde !

Avertissement

A partir de ce paragraphe, âmes sensibles s’abstenir ! Certaines descriptions pouvant choquer le jeune public …

Le véritable problème, en fait, c’est que personne ne t’a averti sur cette nouvelle condition féminine qui arrive dans ta “face”.

A part, peut-être les sketchs de Florence Foresti avec ses récits sur la grossesse et l’accouchement qui soulèvent de vraies problématiques avec talent, et humour ! Merci Madame !

Etape 1: Enceinte

Les premiers mots de ton entourage

Bien sûr, les mamans, les copines, l’obstétricienne, la sage-femme te font un rapide débriefing : «Tu vas voir, accoucher c’est un moment un peu difficile à passer, mais après c’est une telle merveille, que tu oublies tout ! C’est le plus beau cadeau du monde ! Sois heureuse !»

Oui, parce que déjà, on te fait comprendre, qu’il ne faudra pas te plaindredonner la vie c’est un cadeau, par conséquent, tu as juste droit à un sentiment de bonheur ultime et rien d’autre.

Le décor est planté, tu tombes enceinte, et tu accouches, dans la douleur ou pas, on s’en fout dans l’absolu, ce qui compte c’est le résultat et que tu fasses un beau sourire, en mode: “merci la vie“.

Ok, je suis un peu sarcastique, et le descriptif est peut-être un peu exagéré, quoique … ^^

Un précipice

Tout à commencer, lorsque je suis tombée enceinte.

Déjà, on en parle de la sémantique… le verbe : “tomber“, négatif, non?

On a tous l’image de la chute, de la descente ! Super pour parler d’un évènement heureux !

Je ne vous fais même pas la liste des synonymes: échouer, baisser, chuter, décroître, effondrer, périr, s’abattre, s’aplatir … Encourageant !^^

Arrivent ensuite les nausées, grand moment de délicatesse stomacale, où tout te dégoute … sachant qu’en plus, n’étant pas immunisée contre la toxoplasmose, tu as un régime alimentaire très limité !

Je continue ? Si certains-es d’entre vous veulent arrêter la lecture, je comprendrais !^^

Après, le tableau dépeint ici est très sombre, toutefois, il y a quand même de merveilleux côtés dans la grossesse ! Si, si ! … Je cherche !^^

Au sommet, une lueur

J’ai adoré, le premier trimestre écoulé, observer mon ventre s’arrondir. J’ai ressenti une émotion débordante d’amour, à la première échographie lorsque j’ai entendu battre son coeur. J’ai pleuré de joie la première fois que je l’ai senti bouger dans mon ventre, la première fois qu’il m’a donné un coup de pieds, et qu’il a réagi à mes paroles, ou à la musique, ou à la danse !

Ce sont des moments de grâce, indescriptibles d’une certaine façon. Toutefois, ils sont essentiels à raconter.

Effectivement, “elles” avaient en parti raison, ces instants magiques nous font oublier les difficultés.

Un élément déclencheur inattendu

Avant de poursuivre, mon histoire, petite digression ! Et oui, y’avait longtemps ! ^^

Juste pour vous indiquer qu’un des éléments déclencheurs qui m’a poussée à écrire cet article, ce sont les questions de mes jeunes apprenties en chocolaterie, qui ont entre 20 et 28 ans !

En fin de journée, une heure avant la sonnerie, elles ont commencé à échanger sur la femme, la féminité, les menstruations, la contraception, et elles m’ont posé des questions. Et oui, je suis la femme expérimentée !^^

J’ai commencé à répondre à mi-mot, par pudeur, et certainement un peu par timidité, car, au final, qui suis-je pour parler de cela ? … Une femme, et une mère me direz-vous !

Puis, percevant ma réserve, l’une d’entres elles m’a dit : «Madame, c’est important ces sujets, c’est aussi ça l’école, c’est aussi l’école de la vie ».

Face à cette phrase, vous imaginez bien, que je ne pouvais plus reculer, et que je me devais de répondre, le plus justement possible, en tenant compte à la fois de leur sensibilité, et aussi de leur besoin de comprendre. Facile, n’est-ce pas !?

Au final, elles ont adoré, et ce fut un vrai joli moment de partage ! J’ai adoré aussi. Et les garçons de la classe, ont bien écouté, et ils étaient ravis, car pas exclus !

Évidemment, je ne fais pas cela tous les jours !

Fin de la digression.

Etape 2: l’accouchement

Se préparer…ou pas ^^

Ensuite, je poursuivrais, en évoquant la préparation à l’accouchement.

Il y a des milliers de méthodes, j’ai choisi avec mon intuition. J’ai opté pour l’haptonomie, car le père a une vraie implication dans le parcours … bon, là pas de commentaires, vous savez comment cela fini !

Par contre, j’ai rencontré une sage-femme extraordinaire. Elle m’a appris beaucoup sur mon corps, comment le gérer, le respecter, et vivre avec ce petit être en moi !

Cette sage-femme m’a accompagnée, et j’ai eu de la chance, car j’étais dans une préparation en fait très solitaire, et elle a su le voir, et me rassurer malgré tout.

Éléments oubliés

Ce que j’aurais aimé savoir avant l’accouchement, c’est qu’il y a des aides formidables qui existent, comme la Doula. Cette personne assiste la femme enceinte avant et après l’accouchement, elle peut aider à faire le ménage, la cuisine, ou juste prendre le bébé pendant que la nouvelle maman se douche, par exemple. Des choses qui semblent anodines, mais, qui sont tellement importantes dans la réalité.

Ou encore, qu’on peut décider de son protocole d’accouchement avec l’hôpital.

C’est une sorte de feuille de route, sur laquelle la femme note tout ce qu’elle souhaite ou pas pour le jour J. Par exemple, péridurale ou pas, la position pour accoucher, le peau à peau avec le bébé, le placenta … vraiment le protocole entier de l’accouchement.

Le moment de l’accouchement arrive, là, j’avoue, comme les autres, je botte en touche. Je sais, vous allez me dire: « Oh! tu as dit que tu dirais tout !».

C’est vrai mais là j’utilise mon joker ! C’est mon article, je reste maitre du jeu ^^ … toujours plus !

C’est juste un moment un peu irréel et très intime en fait, c’est pour cela que je le trouve délicat à décrire.

Car, tu es là, avec tes sensations, tes angoisses, tes doutes, tes peurs, tes douleurs, et en même temps, il y a ce flottement, comme si tu n’étais pas consciente des choses, avec cette agitation autour de toi. Tu es presque observatrice de la scène.

C’est un vertige, le moment où tu sautes, sans filet.

Et il est là …

Et puis, ta vie arrive ! Son cri !

Ton sang, ta chair, ton âme, ton feu, ton tout.

Ce petit être si fragile, pourtant déjà si fort et plein de vie. De suite, je l’ai pris dans mes bras, en peau à peau, et de suite je l’ai mis au sein, et il a bu. Plein de ferveur, et de fièvre de vivre, d’être, et de joie !

C’est un instant unique, magique, les qualificatifs sont fades par rapport à la réalité, c’est trop dans ton corps, dans ton coeur, et dans ton âme que cela résonne.

Le gouffre est là, tu as plongé, sans visibilité, et tu es la plus heureuse du monde.

L’entrée dans la matrescence

Le post accouchement

Cependant, après ce saut magnifique, tu heurtes le sol ! Désolée, la magie prend fin, en commun accord avec la chute des hormones !

Et tu entres dans une phase géniale, nommée : le baby blues.

Ce nom est horrible ! On est loin du blues, croyez moi !

Il ne décrit en rien la véracité de l’état dans lequel tu te trouves ! Qui a inventé ce terme hypocrite!???

Je l’ai vécu comme une descente aux Enfers, entre Racine et Corneille, et je peux vous dire que Charon n’a pas été sympathique !

De retour à la maison, tu es seule, avec ton bébé, qui pleure, dort peu, et toi qui veut tout faire bien !

On te regarde plus, tu dois gérer tout, tout de suite !

⚠️ Après, il s’agit de mon expérience, beaucoup de mamans sont bien épaulées par les papas !

Outre ce point, les conseils pleuvent à nouveau, et pire encore, on ne te comprend pas !

« T’es fatiguée … t’as qu’à dormir en même temps que lui ! Il dort pas … c’est pas normal … nous les enfants, ils ont dormi de suite ! Après toi aussi tu allaites donc, tu te facilites pas la tache, mais bon c’est ton choix ! Et tu prends pas des couches lavables ? Euh, tu penses à la planète ? Tu devrais le mettre directement dans sa chambre seul … Il prend déjà de mauvaises habitudes … Il pleure, il est capricieux, laisse-le pleurer, 5/10 puis 15 minutes … »

BLABLABLABLA !!!!!!! C’est affreux !!!!

Et surtout cela ne t’avance à rien, si ce n’est à t’angoisser encore plus !

Mon conseil, faire un tri, et ne garder que les meilleurs de notre entourage !

Les tolérants, emphatiques, compréhensifs … vous voyez ce que je veux dire !^^ Et aller chercher des informations, ailleurs que dans les magazines lambdas et commerciaux.

Quelques idées en bas de l’article. ⬇️

Mes sauveurs

Mes parents !

Ils ont été très présents pour moi, et mon petit bonhomme, et heureusement. Ils m’ont secondée, et accompagnée, avec beaucoup de respect, de chaleur, de bienveillance et d’amour.

Ils ont relativisé les choses, et m’ont donné des clefs pour mieux vivre cette matrescence. Ils m’ont également, avec beaucoup de douceur, redonné de la force.

Cette période a été très sombre, et j’ai mis du temps à me remettre.

Merci à mes parents.

Merci à mon petit bonhomme qui grâce à son sourire, et son regard doux et son amour m’a transmis le courage de me relever.

Une fois encore, vous percevez ce précieux présent qu’est l’arrivée d’un enfant.

Alors, que les choses soient claires, nous avons chacun notre histoire, nos croyances, notre conjoint, notre environnement familial et amical, ce qui est vrai pour moi, ne le sera pas forcément pour vous.

Et c’est tant mieux, nous sommes tous uniques.

Conclusion

Ainsi, ce qui compte pour moi, à travers ce billet, c’est de partager mon expérience, en précisant bien, qu’il y a toujours des solutions, et que même dans les pires moments de notre existence, il y a une lumière qui s’éclaire.

Nous avons le droit, nous les femmes, les mères, d’être tristes même à l’arrivée du plus beau cadeau de notre vie.

Que tout cela est normal, et que nous devons être bienveillantes envers nous, et accepter, que cela va passer, et qu’on a le droit de demander de l’aide.

Car quoiqu’il se passe, on est des super mamans !

Merci d’être allé au bout de cet article, que je sais un peu particulier, épineux pour certains, incompréhensibles pour d’autres et passionnants pour beaucoup ^^!

Vive les femmes ! Vive les mères ! Gloire à la féminité ! Et bravo aux hommes, aux pères qui savent l’apprécier, et la valoriser !

J’attends avec impatience vos commentaires, que je souhaite bienveillants, et respectueux ^^!

Prenez soin de vous, et n’oubliez pas, vivez la vie que vous voulez !

Sitographie :

Ce que l’on ne vous a jamais dit sur le fait de devenir mère article du site Mamababyparis.com

Alexandra Sacks M.D

Comment j’ai tenu 3 ans sans dormir du blog Nova’s With Love

Credit Photo

Photo de couverture et robe de Frane Forys, merci


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