Le Labo des curiosités

Qui a été ton prof le plus inspirant? Qui est la personne qui vous a le plus inspiré et /ou le plus fait grandir au cours de votre vie?

Carnaval d’article: merci Joanie!

Une jolie rencontre Blogueur Pro.

Tout a commencé à Bruxelles durant le wk rencontre Blogueur Pro avec Olivier Roland! Je sais, je ne rentre pas de suite dans le vif du sujet, car il me semble primordial d’expliquer d’où m’est venue cette envie d’écrire cet article et de participer à ce carnaval!

Lors de ce wk, j’ai eu la chance de rencontrer Joanie! Une merveilleuse jeune femme, passionnée et passionnante, qui oeuvre pour faire de l’éducation un moment plaisir et partage avec ses élèves! J’ai été de suite conquise par son enthousiasme, son énergie et son discours!

Apprendre est une richesse, et doit, ou devrait être vécu comme un jeu, dans un cadre positif, un moment fun! Or, le système éducatif actuel, ne nous permet pas toujours d’avoir cette définition de l’école et de l’apprentissage.

Conquise par son état d’esprit.

Alors, lorsque Joanie m’a raconté ce qu’elle faisait avec ses élèves, je me suis reconnue, et surtout j’ai adhéré à cette volonté de faire bouger les choses pour que nos enfants vivent le bonheur d’apprendre (petit clin d’oeil obligé à ma thématique de blog^^).

De ce fait, écrire un article pour le blog de Joanie: Prof Alternatif, et son carnaval, était évident pour moi!

En plus, quand je suis allée zieuter son blog…waouh! Quel peps! J’ai adoré sa présentation, où elle nous raconte l’élève qu’elle a été et où elle fait un retour sur les besoins qu’elle aurait eu durant sa scolarité! De sa propre expérience, elle a su en faire une force, et j’adore! Car, aujourd’hui, elle transmet!

Et puis, en tant que professeure française, et pour avoir étudié la littérature québécoise, et donc le Québec, je sais que les québécois sont riches de sensibilité et d’écoute, qu’ils sont souvent en avance sur nous, en particulier dans le domaine de l’éducation. Et ça me parle…

Mon prof le plus inspirant paradoxe

Prof du côté obscur

Fan de Star Wars, j’étais obligée de faire ce genre de titre pour débuter la description de cette première institutrice…qui a gâché mon début de scolarité ou pas…

Trois ans, Toulouse, soleil, vent, rentrée scolaire, cartable Chantal Goya rose, jupe plissée, queue de cheval, ma mère. Avec ces quelques mots vous avez le décor!

A trois ans, je sais parler comme un livre, réciter les fables de La Fontaine, je chante, je danse, je suis propre! Bref, tout pour réussir une scolarité, non?…et bien NON!! Car être une petite fille curieuse et désireuse d’apprendre à la maternelle…cela ne se fait pas! Tu dois dormir! Gribouiller et surtout ne pas poser de questions!

Virée: choc ou chance?!

C’est ainsi qu’à peine après 2 mois d’école, ma charmante maitresse (et là vous sentez l’ironie!^^) a convoqué mes parents pour leur dire que j’avais un problème de comportement (refus sieste…les questions…trop dur pour elle!), et qu’elle pensait me virer! Voilà, c’est cadeau!^^

Face à ce déchaînement de reproches, mes parents m’ont évidemment retirée de l’école, et ont décidé de me garder à la maison avec mes grands parents jusqu’à la rentrée en primaire, soit mes 6 ans!

Un seul mot: MERCI! Car, grâce à cette personne, j’ai vécu les plus belles années de ma vie! Pendant 3 ans, j’ai appris avec mon papi et ma mamie plus que jamais!

J’ai été libre! J’ai joué! J’ai chanté! J’ai fait du piano! J’ai rêvé! J’ai observé! J’ai rencontré! J’ai appris…

Ce fut une véritable chance pour moi, car cela m’a permis de toucher l’être que j’étais et de le laisser s’exprimer en toute liberté!

Si seulement cela avait pu continuer…l’école m’a rattrapée, et à 6 ans j’ai repris le chemin bien formaté de l’éducation nationale.

Mon prof coup de coeur

Le collège, 14 ans

Grosse ellipse narrative, pour arriver à mes 14 ans au collège.

A cet instant de ma life (bilingue forever ^^), je suis seule, avec mes lunettes écailles, mes bagues, quelques boutons (ouf, j’ai échappé à l’acné), des vêtements larges (trop), je lis et j‘écris…je fais que ça!

Les programmes ne m’intéressent pas, les profs encore moins, je me sens à côté d’une société (oui à 14 ans le collège c’est ta société!!) que je ne comprends pas et qui ne me correspond pas! Je ne déteste pas les gens…mais je les aime pas trop…^^

Et là, premier jour de troisième, je découvre ma prof de français!

Petite, ronde, blonde avec une coupe au carré et des cheveux épais magnifiques, 50 ans environ, des talons, une jupe droite beige, un pull assorti, des lunettes, et un collier en perle. La bourgeoise, avec un petit coté pincé et autoritaire…vous visualisez!? Sans faire bien sûr un mauvais étiquetage, c’est juste pour l’image cérébrale!^^

Elle commence à parler: « Bonjour, je suis Madame Thial, votre professeur de français…»

Je l’adore de suite! Sa manière de nous décrire les choses, de nous parler des auteurs, des textes, de leurs vies. Sa façon de nous transmettre son amour pour l’écriture, pour la littérature classique, et moderne!

Avec elle, je vole vers de nouveaux horizons: Camus, Voltaire, Ionesco, Woolf! On est jeune mais elle nous pousse à être curieux, elle répond à toutes nos/mes questions, elle vit sa matière, elle vit!!

Ses cours c’est du théâtre! J’apprends, je me nourris, j’écris encore plus, et elle lit mes textes, elle m’encourage et me conseille, elle me pousse à penser par moi-même. Elle a tout compris, elle sait et elle partage!

Une force à vie

Ce qu’elle m’a transmis, personne ne l’avait jamais fait avant.

Elle m’a fait comprendre que l’on est qui on veut être, et que ce qui compte, ce n’est pas d’avoir un 20, c’est juste d’être et de comprendre!

Aujourd’hui, c’est une chose que j’essaie d’appliquer dans mes cours auprès de mes élèves, leur laisser leur liberté, leur droit d’être différent. Qu’ils aient conscience qu’ils sont uniques et merveilleux!

Et que ce qui compte ce n’est pas qu’ils soient des perroquets, mais des êtres capables de réfléchir par eux-mêmes et de s’enrichir à leur rythme, avec des outils qui collent à leurs mains, à leurs têtes, à leurs coeurs!

C’est grâce à elle, si je n’ai pas eu peur d’être professeur de français, et si aujourd’hui quand je rentre dans une salle de cour je suis fière de pouvoir transmettre à ma façon (un peu théâtrale parfois…souvent) ce que j’ai appris et d’apprendre encore avec eux mes élèves, mes “choubidoux” comme j’aime à les nommer.

Merci madame Thial, d’avoir croisé ma route, merci…

Mon prof rêvé

L’Ecole des sorciers

Même si je viens de vous décrire mon professeur d’amour, il fallait absolument que je parle de Harry Potter et de ces professeurs qui nourrissent notre imaginaire, et nos rêves!

Car, j’avoue, il me plait souvent d’évoquer à mes élèves: Poudlard, l’école des sorciers, leur signifiant qu’ils sont des sorciers et que nous sommes ainsi dans un monde d’apprentissage magique! Avec une gigantesque bibliothèque! Oui…je rêve!^^

Par chance ils adhèrent!^^ L’objectif étant simplement qu’ils se sentent différents, uniques et fiers, avec l’idée qu’ils ont le droit de se tromper! Ils sont là pour expérimenter!^^Comme nous tous au final!

Bref, cette petite introduction juste pour vous partager mon rêve, comme des milliers de gens certainement, d’avoir été dans une école de sorciers, où l’on apprend la solidarité, la trahison aussi, le pardon, la rédemption, l’amour, l’amitié et surtout des sorts!!^^ «Lumos!»

Sybille Trelawney sinon rien!

« Il se peut que vous ne m’ayez encore jamais vue, car je descends rarement dans les autres parties du château. L’agitation qui y règne trouble mon Troisième OEil » réplique de Sybille dans Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban chapitre 6.

Cette citation décrit à merveille, à mon sens, l’esprit de ce professeur d’art de la divination, qui est à la fois loufoque, exceptionnelle et indispensable, même si peu prise au sérieux par certains de ses collègues et élèves.

Sybille représente pour moi le professeur rêvé car avec elle, on sort, symboliquement, du cadre, on doit faire confiance à notre intuition, se reconnecter à notre instinct, et ainsi se focaliser sur une forme de simplicité d’actions. Je suis mon être, je suis mes pressentiments. Je respecte ma liberté!

Elle est tellement éloignée des stéréotypes, tellement dans une folie douce qu’on nous pousse à annihiler, dans une vérité de notre différence assumée et malmenée, que je l’adore, elle m’attendrit, suscite ma curiosité et me donne envie d’apprendre, et d’aller chercher!

Merci madame Trelawney pour cette leçon d’existence, et de courage!

Professeur…un métier, une vocation!

Ainsi, se termine mon article, où fiction et réalité se mêlent pour construire nos rêves d’enfants devenus adultes.

Merci Joanie pour ce thème riche, qui m’a faite repartir en arrière pour mon plus grand bonheur et pour une nouvelle lecture de ma vie scolaire, et pas que!

C’est un super partage!

Je poursuis mon blog, en gardant un oeil sur le tien, https://prof-alternatif.com, qui me rassure et m’apprend de nouvelles méthodes et possibilités! C’est que du bonheur!

2 commentaires

  • Claire

    (Voici des mots qui auraient vu le jour il y a 10ans)

    ” Tel un hamster, prisonnière d’une roue qui me coupe les ailes et toute créativité, j’enchaine collège, lycée, apprentissage, cfa dans une société que je ne comprends pas . Je rêve de couleurs, de photographie, de danser, de vivre à coeur déployé et mon quotidien fade et sans saveur me rappelle chaque matin que je ne vis pas la vie que je devrai choisir.
    Dans ma scolarité, il y a depuis toujours des confrontations ou une forme de fatalité à m’adapter aux cases qu’aiment tant mes professeurs, afin de m’effacer un peu et rester discrète . Je n’aime pas beaucoup me faire remarquer.

    Une année fut plus difficile que les autres, celle de mes 20 ans, l’âge auquel je suis tombée amoureuse et où tout mon être à aspiré à l’amour, à l’expression, à m’aligner avec qui j’aspirais à être réellement.
    Chaque jour, chaque matin, je pensais à tout quitter, quitter ce métier qui m’angoissais, quitter ce cfa et ses jugements, quitter mon cercle familial au coeur fermé.

    Puis un matin, dans ma salle de classe dans laquelle mon esprit n’était jamais vraiment là, j’ai vu entrer une ” femme lumière ” comme je l’appelle, habillée d’une longue robe colorée, une veste en laine trop grande, des cheveux longs magnifiques coiffés en queue de cheval et une barrette en forme de fraise.
    Une barrette en forme de fraise … ce détail qui a fait chavirer mon coeur.
    Cette barrette me disait tout d’elle, dès ses premiers mots, j’ai senti sa passion de transmettre, son envie de créer chez ses élèves le plaisir d’apprendre, elle riait de ses propres blagues, pétillait, vivait, j’avais la sensation de voir danser des couleurs autour d’elle.
    Ce premier jour d’enseignement, ses éclats de rire et sa barrette en forme de fraise sont devenus ma lumière, tel un phare en pleine tempête, c’est elle qui a su me guider et me faire rester hors de l’eau jusqu’à la fin de voyage.
    Une seule personne dans ma vie m’a fait connaitre cette confiance aveugle et sincère que l’on offre à un élève, la possibilité d’oser être créatif et accompagné son processus quel qu’il soit, une attention particulière, et une méthode d’enseignement que j’utilise encore aujourd’hui.
    Une seule personne qui m’a dit “Je crois en toi”.”

    Merci d’avoir été ma Madame Trelawney, d’avoir marqué ma vie en tant que professeur et de m’accompagner aujourd’hui en tant que précieuse amie .

    • Léotilde

      Merci ma Claire…cela me touche tellement… j’ai pleuré bien sûr en te lisant, tu me connais!
      Ta présence était aussi pour moi un rayon de soleil car il y a 10 ans, je rentrais dans un milieu hostile^^…sacrée classe!
      Le cadeau ce fut toi! Et je suis tellement heureuse de faire encore aujourd’hui parti de ta vie! Merci! Je t’aime fort!

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