Le Labo de Lettres

«Quand j’ai compris ça, j’ai fait un bon en avant dans mon évolution!»

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Ou comment dépasser ses peurs d’enfant, après un traumatisme d’apprentissage, grâce à un simple déclic?

J’ai rencontré Cazimir Costea lors d’une réunion Blogueur Pro, et lors de notre échange, j’ai de suite adhéré à sa définition de l’apprentissage du piano.

Moi-même musicienne, je joue du piano depuis l’âge de 3 ans, je sais combien cet enseignement peut être compliqué selon les directives de votre professeur!

Curieuse, je suis allée faire un tour sur le blog de Cazimir, Libérer son piano.com. Et cela a confirmé ma bonne impression lors de notre rencontre… je suis fan de son concept!

J’ai découvert un univers simple, respectueux et adapté à chacun pour apprendre le piano!

Enfin un professeur qui parle de musique, de ressentis, de compréhension et d’écoute du corps! MERCI!

D’ailleurs, petit coup de coeur pour son article Comprendre ce que l’on joue, pour libérer son potentiel au piano. Avec l’explication de la méthode Feynman, et un merveilleux clin d’oeil à ce qu’est la pédagogie, et comment j’apprends à apprendre.

Carnaval d’articles, événement inter blogueurs

Le sujet pour son carnaval d’articles m’a rapidement séduite, car nous sommes tous les 2, me semble-t-il, sur la même conception de la pédagogie positive!

Il est vrai que l’évolution se fait souvent à partir d’un déclic!

Nous n’apprenons pas tous de la même façon, et nous avons tous des rythmes différents.

Dans son blog, Cazimir offre la possibilité d’explorer et d’exploiter toutes les beautés du piano! Instrument magique, osons le souligner!^^

Pianiste, à l’instar de Cazimir, je me suis d’abord dit que j’évoquerai mon apprentissage du piano…mais, très vite, l’idée s’est essoufflée, car même si mon parcours a été ponctué d’éléments déclencheurs, il reste très fluide et sans réel moment crucial pour mon évolution.

Par contre, m’est venu à l’esprit une expérience que j’avais tenté d’oublier…mais qui, ici prend tout son sens, et surtout l’envie de la partager.

Nager ou périr, drôle de symphonie

L’eau, mon élément

Depuis toute petite, l’eau fait partie de mon environnement! Très tôt, j’ai découvert les joies de l’océan avec mon papa, qui régulièrement m’a amenée visiter l’antre de Poséïdon, pour mon plus grand bonheur!

Aucune appréhension, je saute dans l’eau, je plonge, je mets la tête sous l’eau et cela me ravie!

L’eau est un jeu, et même si j’ai déjà intuitivement conscience de sa force, je suis sereine en sa compagnie.

Mon papa, très bon nageur, m’a toujours appris et accompagné dans cet apprentissage hydrique!

Ses paroles, toujours présentes: « l’océan se respecte, il y a des règles, et on se doit de les suivre, c’est pour notre sécurité. Ainsi, tu ne profiteras que plus de ce bel élément

Un apprentissage tant attendu

Tout naturellement, à 5 ans, vient l’heure de m’inscrire au premier cours de natation, à la piscine municipale de mon village, que je connais bien.

Petite précision, je connais l’eau, je l’aime, mais je ne maitrise pas encore les mouvements, mes parents ont préféré laisser cet apprentissage à un professionnel … ou pas!^^

Je me souviens parfaitement bien de ce jour d’été, et de mon entrée dans le grand bain.

Je me souviens exactement le maillot de bain que je portais, et même de mes sentiments de joie et d’impatience à l’idée d’apprendre à plonger, et à faire tous ces mouvements dans l’eau!

A 5 ans, tu crois que tu vas nager comme une naïade (je connaissais pas encore ce terme à l’époque, mais bon ^^, vous visualisez le concept!^^), et t’es trop contente de commencer!

Boire la tasse, l’apogée de la débilité

Nous sommes un groupe de 7 enfants, entre 5 et 8 ans.

Je suis la plus petite du lot.

Le Maître Nageur est , avec tout son attirail coloré: bouées, cercles et une perche gigantesque à mes yeux d’enfant.

Première étape, il nous demande de nous mettre dans le petit bassin, et de courir dans l’eau d’un bord à l’autre… facile et rigolo!

Puis, très vite, il commence à nous placer un par un, face au grand bassin. Tu sais l’endroit où t’as pas pied, même adulte!

Une fois placés, il nous ordonne (je dis bien «ordonne») de sauter!

Nous nous exécutons et bien sûr, une fois dans l’eau, nous nous agrippons au muret… logique!

Et bien apparemment NON!

Il saisit sa perche, et comme par hasard, c’est cadeau, cela tombe sur moi, il me pousse vers le milieu du bassin… sauf que…même si j’adore l’eau et que c’est mon amie… je suis là pour apprendre… je ne sais donc pas encore nager!

L’anti-pédagogie, ou comment traumatiser un enfant

J’ai toujours cette image figée: moi qui me débat tel un petit animal pour regagner la berge, et lui qui me repousse plus loin.

Je revois ses yeux, et cette froideur, et je ressens la peur m’envahir.

Je vais me noyer!

Au bout de quelques secondes, sans doute, qui pour moi, ont été une éternité, il me laisse me raccrocher enfin à ce bord salvateur!

Le cours se termine…

Jamais, jamais je ne reviendrais à la piscine et jamais je n’apprendrais à nager!

Mes parents sont déçus, mais perçoivent bien le traumatisme subi.

Ma maman ayant assisté au cours, impuissante.

Ils acceptent de me laisser tranquille pour cet été. Tant pis, je continuerais tranquillement à barboter!

Récidive aquatique, menuet en eau bonheur

Une année s’est écoulée, et j’ai continué mon petit chemin, passant un été serein.

Cependant, l’été de mes 6 ans est là… et je sais que je vais devoir repasser par la case piscine! Mes parents m’ont prévenue.

Jamais, jamais, jamais je n’apprendrai à nager

Nager… ça sert à quoi au final??

Je me débrouille très bien avec mes vaguelettes! Je joue, je saute, j’éclabousse… ça suffit!

Apparemment, pas!

Mes parents me ramènent dès le premier jour des vacances vers le bassin maudit, et son tyran hydrique!

Cette fois-ci, à ma grande surprise, je suis la seule à la piscine… pas d’autres compagnons de souffrance… je ne sais pas trop quoi penser!

Une chose est sûre, une boule au ventre est arrivée, je claque des dents (pas normal à 28°C!), je veux m’échapper, et je vais pleurer! Je pleure!

La réincarnation de Poséïdon

Mes parents ont bien conscience de mon traumatisme et tentent de me rassurer.

Peine perdue, je vais mourir, l’autre dingue va se venger, et me jeter à l’eau et me laisser me noyer! C’est fou, car à 6 ans, t’as déjà une capacité à imaginer des histoires rocambolesques!

Quand, tout à coup, je vois apparaître des vestiaires, un homme!

Grand, bronzé, blond, cheveux très courts, avec des lunettes noires et fluos, un maillot bleu, et surtout un grand sourire!

Il est seul. Pas d’outils de tortures à première vue.

C’est Pascal, le nouveau Maître Nageur!

Il vient de suite vers moi, et me salue!

Il parle rapidement avec mes parents, et la séance commence!

La pédagogie bienveillante, l’élément déclencheur

La première chose que Pascal a faite pour commencer, c’est qu’il m’a parlé!

Il s’est occupé de moi, et m’a demandé comment je me sentais dans l’eau, ce que j’aimais faire, si j’avais des peurs, et pourquoi, et ce que j’avais envie d’apprendre!

Un vrai, un bon, un grand professeur!

Il a su par ses paroles et son approche bienveillante et positive me rassurer, et me donner envie d’apprendre!

Il s’est mis à l’eau avec moi, et à commencer à me transmettre, les gestes, et surtout m’expliquer les sensations dans le corps!

Après ce premier cours avec lui, apprendre à nager a été pour moi un véritable plaisir!

Et j’ai pu très vite intégrer un groupe un peu plus âgé pour poursuivre mon apprentissage du crawl.

Car finalement, j’étais douée!^^

Bam! Petite revanche personnelle envers le gros naze du début! Je sais, c’est pas bien… faut pardonner, mais je m’en fous, suis humaine! Donc je persiste: Bam le naze!^^

Conclusion

Ainsi, au delà d’un geste, ou d’une technique, mon déclic d’apprenante s’est fait à travers un professeur!

Sans lui, sincèrement, je ne sais pas si j’aurai appris à nager.

C’est lui, avec sa pédagogie et son intelligence du coeur qui m’ont permis d‘évoluer, et d’apprendre!

Quand j’ai rencontré Pascal, j’ai fait un bon en avant considérable, j’ai appris à nager, et à très bien nager!

Car, il a su me montrer mes capacités, faire renaitre le plaisir d’être dans l‘eau et ma curiosité de comprendre les mouvements et la natation.

Pour moi, l’élément déclencheur peut se lire aussi à travers nos transmetteurs. Ceux qui nous enseignent, ce sont eux qui nous donnent des clefs, et ce sont eux qui nous permettent d’évoluer en tant qu’apprenant!

Aujourd’hui, je sais que c’est une leçon d’enseignement que j’ai bien retenue, et j’avoue qu’au quotidien avec mes élèves, j’essaie, de tout mon coeur, de leur offrir ce que Pascal m’a offert à ce moment là: le droit d’être soi, d’avoir peur, de recommencer, et de retrouver la confiance en soi.

En respectant le rythme de chacun, les objectifs de chacun, et la personnalité de chacun.

Merci Pascal.

Et merci Cazimir pour cet exercice d’écriture et de retour vers le passé, très instructif pour ma part!

Prenez soin de vous.

N’oubliez pas: vivez la vie que vous voulez!


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Un commentaire

  • Vie Quatresixquatre

    Bonjour,
    Je suis Vie, je participe au même événement interblogueur que toi, chez Cazimir Costea.
    Je te confirme que le traumatisme est bien réel et j’ai une histoire pour l’illustrer… J’ai longtemps cru que j’avais peur de l’eau car on m’avait poussée dans le grand bain à la piscine lorsque j’étais enfant, lors d’une sortie scolaire.
    Quelques années avant le décès de ma mère, j’ai eu l’occasion d’en parler avec elle.
    Et de m’apercevoir que ça non, ça ne m’étais jamais arrivé, pour la bonne raison que j’ai été dispensée de piscine durant toute ma “petite” scolarité, car ma mère… avait peur que je me noie.
    C’est à elle que cette histoire était arrivée.
    Je ne sais pour quelle raison, mais elle doit remonter à loin, plus loin que mes souvenirs conscients, j’ai fait mien ce traumatisme que je n’ai pas vécu.
    Puis je l’ai encore renforcé en disant que je n’aimais pas la piscine (c’est toujours vrai, je les déteste… mais j’aime l’eau:)), et ma mère a sauté sur l’occasion pour exprimer son propre inconscient et m’empêcher d’aller à la piscine avec ma classe.
    Il n’y avait pas de raison, car même si cette histoire lui était vraiment arrivée, à elle, elle s’en était sortie vivante, n’est-ce pas ?
    Que de ravages, avec cette pédagogie moyen…nageuse !
    🙂

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